TL;DR
- Une veille automatisée n8n + Claude qui te livre un digest trié chaque lundi 7h30.
- 4 flux RSS → filtre 7 jours → dédup → 1 appel IA → email. Pas de scraping.
- La dédup cross-exécutions évite de revoir 2 fois le même article.
- Coût réel mesuré : ~0,08 $ par envoi, soit moins de 0,40 €/mois.
- Adaptable à n’importe quel secteur : tu changes les flux et 3 lignes de prompt.
Tu sais que tu devrais faire de la veille. Et pourtant, soit tu t’es abonné à 15 newsletters que tu n’ouvres jamais, soit tu scrolles LinkedIn 45 minutes par jour en te disant que “ça compte comme du travail”. Au final tu rates les trucs importants et tu culpabilises sur le reste.
Le problème n’est pas toi. C’est que la veille à la main ne passe pas à l’échelle d’un solo. Dans ce tuto, on construit un système qui lit le web à ta place et te livre 10 lignes utiles chaque lundi matin. On utilise n8n et l’API Claude, et surtout : c’est réplicable pour n’importe quel secteur.
Pourquoi ta veille manuelle ne tiendra jamais
La veille automatisée, c’est simple à définir : des outils surveillent des sources à ta place (flux RSS, sites, mots-clés), collectent ce qui sort, et te le résument. Tu passes de “je cherche” à “on m’apporte”.
Marie est consultante marketing freelance. Elle suit l’actu de son métier “quand elle a le temps”. C’est-à-dire jamais. Résultat : elle découvre les nouveautés 3 semaines après ses concurrents, en réunion client, par surprise. Le coût n’est pas visible sur une facture, mais il est réel : elle vend du conseil et elle est en retard sur l’info.
Le piège classique, c’est de croire qu’il faut “juste être plus discipliné”. Non. Il faut sortir la veille de ta tête et la mettre dans une machine. Une fois que c’est construit, ça tourne tout seul, pour 0 effort hebdo.
On parle souvent de veille concurrentielle (tes concurrents), technologique (les outils de ton secteur) et informationnelle (l’actu de ton marché). Le système qu’on construit ici fait les trois : tu choisis juste les sources que tu surveilles.
Ce qu’on construit (et pourquoi pas du scraping)
Le workflow est une chaîne simple, déclenchée chaque lundi à 7h30 :
La plupart des tutos que tu trouveras font de la veille en scrapant Google : clé API Google, moteur de recherche programmable à configurer, pages à récupérer une par une, nettoyage du HTML… Et ça casse dès que la source met une sécurité (LinkedIn, par exemple, bloque la lecture de ses pages).
On prend le chemin inverse, plus robuste : les flux RSS. La plupart des blogs en exposent un, c’est fait pour être lu par une machine, et ça ne casse pas. Pas de clé Google, pas de scraping, pas de capcha.
Deux choses rendent ce système meilleur que la moyenne : la dédup cross-exécutions (tu ne revois jamais un article déjà envoyé) et l’agrégation en un seul appel IA (tu paies une requête par semaine, pas une par article). On y revient en détail plus bas.
Ce qu’il te faut avant de commencer
Trois choses :
- Une instance n8n. Soit le cloud n8n (essai gratuit), soit une instance self-hostée sur un petit serveur. Pour de la veille hebdo, n’importe quelle config fait l’affaire.
- Une clé API Anthropic. Tu la crées sur la console Anthropic. Le paiement est à l’usage : tu ne paies que les tokens consommés (on chiffre ça plus loin).
- Un compte Gmail connecté dans n8n, pour l’envoi. Tu peux remplacer par n’importe quel service email.
Sur le cloud n8n, les exécutions sont comptées dans ton quota. Une veille hebdo = ~4 exécutions/mois, c’est négligeable. En self-hosted, c’est illimité et gratuit côté serveur, tu ne paies que l’API Claude.
Construire la veille pas à pas
Ajoute un node Schedule Trigger. Règle-le sur : chaque semaine, le lundi, à 7h30. C’est l’heure à laquelle le digest atterrit dans ta boîte. Choisis celle qui colle à ta routine.

Ajoute un node RSS Read par source. Pour une veille automation/IA, par exemple :
https://blog.n8n.io/rss/
https://zapier.com/blog/feeds/latest/
https://www.bensbites.com/feed
https://latent.space/feed Connecte les 4 nodes RSS directement au Schedule Trigger : ils se lancent en parallèle.
Ajoute un node Merge en mode append avec 4 entrées, et branche chaque flux RSS dessus. Tu obtiens un seul gros tas d’articles.
Ajoute ensuite un node Filter pour ne garder que les articles récents. La condition compare la date de publication à “il y a 7 jours” :
Garder si :
new Date(pubDate ?? isoDate ?? date).getTime()
>= Date.now() - 7 * 24 * 60 * 60 * 1000 Le ?? isoDate ?? date, c’est important : tous les flux ne nomment pas leur champ date pareil. Cette cascade évite que des articles passent à la trappe parce que le champ s’appelait autrement.
Ajoute un node Remove Duplicates et choisis l’option “Remove items seen in previous executions”. Comme clé, utilise le lien de l’article (link ?? guid).
C’est LE détail que personne n’explique. Cette option garde en mémoire ce qui a déjà été envoyé lors des semaines précédentes. Sans elle, un article publié mercredi ressort dans le digest de lundi… puis encore le lundi suivant tant qu’il est dans la fenêtre 7 jours. Avec elle, chaque article n’apparaît qu’une fois dans ta vie.

Au tout premier run, la mémoire de dédup est vide : tu vas recevoir tout ce qui est sorti sur 7 jours d’un coup. C’est normal. Dès la 2e semaine, tu n’as plus que le nouveau.
Ajoute un node Aggregate. Configure-le pour regrouper tous les articles dans un seul champ (appelle-le articles), en ne gardant que les champs utiles : titre, lien, date, extrait.
Pourquoi cette étape ? Sans elle, n8n enverrait un appel à Claude par article. Avec elle, tu empaquettes tout et tu fais un seul appel pour toute la semaine. C’est la différence entre payer 0,08 $ et payer 2 $ par envoi.
Ajoute le node Anthropic. Modèle : claude-sonnet-4-6. Active Execute Once (un seul appel, vu qu’on a tout agrégé). Température basse (0.3) : on veut du factuel, pas de la créativité.
Le prompt fait tout le travail de tri. Le tien :
Tu crées une newsletter hebdomadaire de veille pour un [TON MÉTIER].
Articles de la semaine :
{{ liste des articles agrégés }}
Règles strictes :
- N'invente jamais de faits. Utilise uniquement les sources fournies.
- Élimine le marketing et la hype. Garde ce qui est actionnable.
- Structure en 3 catégories : [Catégorie 1] | [Catégorie 2] | [Catégorie 3]
- Pour chaque article retenu : titre court, 2-3 phrases
"ce que ça change pour toi", lien original.
- Max 4 articles par catégorie. "Rien de notable" si vide.
- Termine par "À tester cette semaine" : 1-2 idées concrètes.
- Français, ton direct. HTML propre (h2, p, a, ul/li). Pas de markdown. Le “n’invente jamais de faits” et le “garde uniquement ce qui est actionnable” ne sont pas décoratifs : sans ces deux lignes, l’IA te rajoute du remplissage et embellit. Avec, elle filtre vraiment.
Ajoute un node HTML pour envelopper la réponse de Claude dans un template propre : un header, le corps, un footer avec tes sources. Rien de sophistiqué, juste de quoi que ça ne ressemble pas à un bloc de texte brut dans ta boîte mail.
Ajoute le node Gmail, opération Send. Destinataire : toi. Objet : un titre avec la plage de dates de la semaine. Corps : le HTML de l’étape précédente, en type “HTML”.
Active le workflow. Lundi prochain, 7h30, ton digest est là.

Le coût réel, calculé
Pas d’estimation au doigt mouillé. Voici le calcul, basé sur le tarif Claude Sonnet 4.6 (3 $ par million de tokens en entrée, 15 $ en sortie, vérifié juin 2026).
Un envoi type, c’est environ 15 000 tokens en entrée (les extraits d’articles + le prompt) et ~2 500 tokens en sortie (la newsletter) :
| Poste | Calcul | Coût |
|---|---|---|
| Entrée | 15 000 / 1M × 3 $ | 0,045 $ |
| Sortie | 2 500 / 1M × 15 $ | 0,038 $ |
| Total / envoi | ~0,08 $ |
Soit, sur 4 à 5 envois par mois, moins de 0,40 € mensuels. Si tu veux diviser ça par trois, passe le modèle en claude-haiku-4-5 (1 $/5 $) : la synthèse reste très correcte pour de la veille.
45 min de scroll LinkedIn par jour = ~15h/mois. Le système te les rend pour 0,40 €. Le ROI ne se discute pas.
Adapte-la à ton secteur en 5 minutes
C’est là que ce workflow devient TON workflow. Tu touches à deux choses :
- Les flux RSS (étape 2) : remplace les 4 sources par celles de ton métier.
- Le prompt (étape 6) : change la phrase de contexte et les 3 catégories.
Quelques pistes de sources selon ton activité :
| Ton profil | Sources RSS à surveiller |
|---|---|
| Freelance marketing | Blogs SEO/ads FR, newsletters growth, blog de ton CMS |
| E-commerce | Blogs Shopify/WooCommerce, médias retail, flux concurrents |
| Agence | Blogs outils (Notion, Asana…), médias agences, veille RH |
| Coach / créateur | Blogs formation en ligne, médias creator economy |
Teste en ajoutant /rss, /feed ou /feed.xml à l’URL du blog. Beaucoup de sites en ont un sans le mettre en avant. S’il n’y en a vraiment pas, c’est la seule situation où le scraping redevient une option — mais commence toujours par chercher le RSS.
Make ou n8n pour ta veille ?
Question légitime, surtout si tu connais déjà Make. Les deux savent le faire. Le choix dépend de toi :
| n8n | Make | |
|---|---|---|
| Coût à l’usage | Gratuit en self-hosted | À l’opération |
| Serveur à gérer | Oui (sauf cloud n8n) | Non |
| Appels IA + boucles | Très souple (code natif) | Souple, mais plus rigide |
| ”Ça marche tout seul” | À toi de gérer | Géré pour toi |
En clair : n8n si tu veux du zéro-coût marginal et que gérer une instance ne te fait pas peur. Make si tu préfères ne jamais toucher à un serveur et avoir un support officiel — pour une veille simple branchée sur RSS et une synthèse IA, Make fait le job sans que tu administres quoi que ce soit.
Si tu pars sur cette deuxième option, tu peux créer ton compte Make gratuitement → (1 000 opérations/mois, sans carte bancaire) et reconstruire la même logique avec les modules RSS, un module IA et Gmail.
Les pièges (appris en les faisant)
Un site peut supprimer son flux ou changer l’URL. Si une source ne ramène plus rien pendant 2-3 semaines, va vérifier que le flux existe toujours. Garde 4-5 sources : si une tombe, le digest reste utile.
Si tu reçois souvent “rien de notable”, ton prompt est peut-être trop sévère, ou tes sources trop calmes. Assouplis la consigne de tri ou ajoute des flux plus actifs. À l’inverse, un prompt trop mou te ramène du bruit.
Vérifie le fuseau horaire de ton instance n8n. “7h30” sur un serveur en UTC, ce n’est pas 7h30 en France. Un détail qui te fait recevoir ton digest à une heure bizarre tant que tu ne l’as pas corrigé.
Le système est fiable, mais le calibrage (sources, ton du prompt, volume) se fait à l’usage. Lis tes 3 premiers digests avec un œil critique et ajuste. Après, tu l’oublies.
Tu as maintenant une veille qui tourne sans toi : elle lit le web, trie, dédoublonne et te livre l’essentiel chaque lundi, pour le prix d’un bonbon. Le plus dur n’était pas technique, c’était d’accepter d’arrêter de tout suivre à la main.
La vraie question, c’est : quelles 4 sources tu surveillerais en premier si tu n’avais plus jamais à les ouvrir toi-même ?
Pour aller plus loin côté outils, jette un œil à notre guide Make complet si tu hésites encore entre les deux plateformes, ou teste Make gratuitement pour comparer par toi-même.