TL;DR
- Make Grid = une carte visuelle auto-générée de tous tes scénarios, en quasi temps réel.
- Disponible sur tous les plans payants (dès Core), pas seulement Teams.
- Le plus utile à partir de ~20 scénarios actifs, pile le profil d’une agence.
- Grid montre les scénarios en erreur ; il ne t’alerte pas tout seul (on règle ça plus bas).
- Une convention de nommage propre transforme Grid d’un joli dessin en outil de pilotage.
Tu gères 25 clients, 100 scénarios Make mais tu n’as aucune vue d’ensemble. Un scénario plante pour un client et tu le découvres 48h après, quand le client appelle. Make Grid change ça : une seule vue pour tout surveiller, tout diagnostiquer, tout contrôler.
Le problème, c’est que la doc officielle de Make explique Grid comme une fonctionnalité produit. Pas comme un outil de gestion d’agence. Or quand tu pilotes les automatisations de 25 clients, tes questions sont différentes : comment je structure mon compte ? Comment je repère quel client a un scénario cassé en 10 secondes ? Comment je transmets ça à ma nouvelle Ops manager le jour J ?
Voilà comment utiliser Grid vraiment, côté agence.
Le chaos de gérer des dizaines de scénarios sans vue globale
Prenons l’exemple de Sophie qui gère 25 clients. Chaque client a 3 à 5 scénarios Make : relances d’impayés, sync CRM, reporting, onboarding. Soit 75 à 125 scénarios dans un seul compte.
Avant Grid, son quotidien ressemblait à ça : ouvrir la liste des scénarios, scroller, cliquer dans un dossier client, vérifier le statut, revenir, recommencer. Pour 25 dossiers. Et même comme ça, elle ne voyait pas les exécutions incomplètes qui s’accumulent en silence ni les scénarios désactivés automatiquement après trop d’erreurs.
Résultat classique : le scénario de facturation d’un client tombe lundi. Personne ne le voit. Mercredi, le client appelle parce qu’il n’a pas reçu ses relances. Deux jours de retard, un client agacé, et une demi-journée à reconstituer ce qui s’est passé.
Le coût réel n’est pas le bug. C’est le délai de détection. Plus ton compte grossit, plus ce délai s’allonge sauf si tu as une vue unique sur tout.
C’est quoi Make Grid (et sur quel plan c’est disponible)
Make Grid est une carte visuelle, auto-générée, de tout ton paysage d’automatisation. Scénarios, apps, data stores, webhooks, agents IA : tout apparaît, relié par les flux de données réels. Elle se met à jour en quasi temps réel, sans rien configurer.
Make Grid est en public beta sur TOUS les plans payants — donc dès le plan Core, pas seulement Teams. Make précise qu’il devient vraiment utile « au-delà d’environ 20 scénarios actifs ». Si tu es sur le plan Free, tu n’y as pas accès. Si tu es sur Core, tu l’as déjà : va vérifier dans ta sidebar avant de payer quoi que ce soit.
Pour une agence, le plan Teams reste le bon choix. Pas parce que Grid l’exige, mais pour les rôles d’équipe, les permissions et les templates partagés dont tu as besoin quand plusieurs personnes touchent aux scénarios. Grid devient alors le tableau de bord commun de toute l’équipe.
| Plan | Grid disponible ? | Pour qui |
|---|---|---|
| Free | Non | Tests, projets perso |
| Core (~9-12 $/mois) | Oui (beta) | Solo, petits volumes |
| Pro | Oui (beta) | Volumes plus élevés, debug |
| Teams | Oui (beta) | Agences : rôles + templates partagés |
Les tarifs Make évoluent selon le nombre de crédits, vérifie toujours la grille à jour avant de t’engager.
Crée ou passe ton compte Make en Teams →
Configurer Grid pour une agence multi-clients
Bonne nouvelle : il n’y a rien à « installer ». Grid se génère tout seul à partir de tes scénarios existants.
Dans la sidebar gauche de Make, section Organization, clique sur Grid. Tu peux aussi y accéder depuis n’importe quel scénario.
Grid affiche un paysage de tuiles blanches en 3D. Chaque tuile = un dossier. À l’intérieur, les icônes sont tes objets, reliés par des lignes qui montrent les flux de données.
C’est là que tout se joue côté agence : un dossier par client. Comme une tuile = un dossier, tu obtiens une tuile par client. D’un coup d’œil, tu vois ACME d’un côté, Dupont SARL de l’autre, et ce qui les relie (un data store partagé, un agent commun).

Voici la légende officielle à mémoriser, c’est tout ce dont tu as besoin pour lire la carte :
| Forme | Signification |
|---|---|
| Cercle violet | Un scénario |
| Triangle | Un webhook (trigger) |
| Forme spéciale | Un objet de stockage (Sheets, Airtable, data store) |
| Hexagone | Tout le reste (agents, apps, modules HTTP) |
| Lignes / flèches | Connexions et flux de données |
La barre de filtres en haut te laisse trier par équipe, dossier, statut de scénario, app utilisée ou créateur. Et la recherche trouve n’importe quoi — y compris une colonne précise dans une table.
Convention de nommage: la structure qui rend Grid lisible
C’est la section que tu ne trouveras nulle part ailleurs. Grid est aussi lisible que tes scénarios sont bien nommés. Avec des scénarios appelés « Scénario 1 », « Copie de Scénario 1 (2) », ta carte est un plat de spaghetti.
La convention qui marche pour une agence :
[CLIENT] - [OUTIL] - [FONCTION]
Exemples :
[ACME] - Stripe - Relance impayés
[ACME] - HubSpot - Sync nouveaux leads
[ACME] - Sheets - Reporting hebdo
[DUPONT] - Shopify - Sync commandes → Pennylane
[DUPONT] - Gmail - Accusé réception devis Trois raisons pour cet ordre précis :
[CLIENT]en premier : tes scénarios se trient alphabétiquement par client. Dans Grid, tu filtres ou tu cherches « ACME » et tu isoles instantanément tout ce qui concerne ce client.[OUTIL]au milieu : tu repères d’un coup tous les scénarios qui touchent Stripe ou HubSpot — pratique le jour où une connexion expire.[FONCTION]à la fin : n’importe qui dans l’équipe comprend ce que fait le scénario sans l’ouvrir.
Ta convention est bonne si une personne qui arrive dans l’équipe peut, en lisant Grid seule, dire quel scénario fait quoi pour quel client. Si elle doit demander, c’est que le nommage est à revoir.
Combine ça avec un dossier par client et tu obtiens une carte où chaque tuile raconte une histoire claire.
Surveiller les erreurs en temps réel depuis Grid
Grid met en évidence deux choses précieuses pour une agence : les scénarios désactivés à cause d’erreurs et les exécutions incomplètes non résolues. Plus besoin d’ouvrir 25 dossiers : tu filtres, tu vois les points rouges, tu agis.
Voici les 5 problèmes que tu repères le plus souvent dans Grid, et comment les diagnostiquer vite :
- 1. Scénario désactivé après erreurs répétées. Make coupe automatiquement un scénario qui échoue en boucle. Dans Grid, filtre sur les scénarios désactivés : ouvre, lis le dernier log d’exécution, c’est presque toujours la cause.
- 2. Exécutions incomplètes qui s’empilent. Une erreur ponctuelle a laissé des bundles en attente. Grid te les signale ; tu les rejoues ou les résous depuis l’onglet du scénario.
- 3. Connexion expirée. Un token OAuth tombe (Google, HubSpot…) et tous les scénarios qui partagent cette connexion plantent d’un coup. Grid montre le cluster relié à cet hexagone — tu reconnectes une fois, tout repart.
- 4. Dépendance cassée. Quelqu’un supprime un champ ou une colonne dans une table partagée. Tous les scénarios qui y faisaient référence cassent. Cherche le nom du champ dans Grid : il te liste exactement les scénarios touchés. C’est le cas d’usage qui justifie Grid à lui seul.
- 5. Crédits / opérations qui explosent. Grid visualise les flux qui consomment le plus d’opérations. Tu repères le dossier gourmand avant la facture — ou avant que le scénario ne s’arrête faute de crédits.
Avant de toucher à un objet partagé, utilise « Take snapshot » : tu gardes une image de ton paysage à l’instant T. Pratique pour comparer après coup si quelque chose casse.
Configurer les alertes automatiques (email / Slack)
Soyons clairs, parce que beaucoup se trompent là-dessus : Grid ne t’envoie pas d’alerte. C’est un tableau de bord que tu ouvres, pas un système de notification. Si tu ne l’ouvres pas, tu ne vois rien. Pour être prévenu sans surveiller un écran, il faut deux briques en plus de Grid.
Dans ton profil Make → onglet Email preferences, active les notifications « scénario stoppé » pour chaque organisation. Make t’enverra un email dès qu’un scénario est désactivé pour erreurs. Limite à connaître : sur Pro et en dessous, ces emails ne partent que vers une seule adresse.
L’email, personne ne le regarde en continu. La parade éprouvée par la communauté : un scénario dédié qui récupère les notifications d’erreur de Make (via un mailhook qui reçoit les emails d’alerte, ou via l’API Make) et les pousse dans un canal Slack #alertes-make. Tu vois le client, le scénario et l’erreur en temps réel, là où ton équipe travaille déjà.
Par défaut, quand un module plante, Make stoppe l’exécution. Pas de retry, pas de notification. Sur tes scénarios critiques (facturation, sync CRM), ajoute une route d’erreur qui envoie un message Slack avec {{error.message}}. Sinon tu découvres le problème… dans Grid, 48h plus tard.
Le combo gagnant : Grid pour le diagnostic visuel, le watchdog Slack pour l’alerte immédiate. L’un sans l’autre te laisse à moitié aveugle.
Grid + Make AI Agents: piloter des agents en production
Depuis 2025, beaucoup d’agences ajoutent des Make AI Agents dans leurs scénarios clients : tri d’emails, qualification de leads, réponses au support. Un agent, c’est puissant mais c’est aussi opaque. Tu ne « vois » pas ce qu’il touche.
Grid répond précisément à ça. Il identifie chaque scénario qui utilise de l’IA, des modules OpenAI jusqu’aux Make AI Agents. Pour une agence, ça veut dire trois choses concrètes :
- Tu sais quels clients tournent sur des agents IA, et lesquels auditer ou rassurer un client sur l’usage de ses données.
- Tu repères les agents reliés à un objet partagé : si tu modifies une table, tu vois quels agents en dépendent avant de casser quoi que ce soit.
- Tu peux filtrer sur « scénarios de production avec agents IA désactivés pour erreur » et réparer en priorité ce qui tourne réellement pour des clients.
Un agent en production sans visibilité, c’est une boîte noire que tu paies. Grid en fait un objet que tu surveilles comme les autres.
Les 5 actions quotidiennes d’une Ops manager dans Grid
Voilà la routine que Sophie donnerait à sa nouvelle Ops manager le jour J. 10 minutes le matin, et le compte de 25 clients est sous contrôle.
- 1. Filtre sur les scénarios désactivés. Rien en rouge ? Ta journée commence bien. Sinon, tu sais quel client traiter en premier.
- 2. Repère les exécutions incomplètes. Rejoue ou résous avant qu’elles ne bloquent la suite.
- 3. Vérifie les connexions partagées. Un hexagone relié à beaucoup de scénarios qui tombe, c’est l’alerte la plus rentable à traiter un seul reconnect et l’ensemble des scénarios impactés repartent.
- 4. Jette un œil aux opérations. Un dossier qui consomme anormalement = soit un bug en boucle, soit un client à requalifier en termes de plan.
- 5. Avant tout changement, cherche la dépendance. Tu veux supprimer une colonne ou changer une API ? Cherche-la dans Grid d’abord. Toujours.
Estimation pour une agence de 20 clients (~80 scénarios) : surveiller chaque dossier à la main prend facilement 45 min à 1h par jour. Avec Grid, la même vérification descend à ~10 min. Soit 3 à 5h gagnées par semaine sur le seul monitoring, sans compter les bugs détectés en minutes au lieu de jours. À titre de repère, l’agence ChargeGuru rapporte avoir réduit son temps de debug quotidien de 2 heures grâce à Grid.
Reprendre le contrôle, sans embaucher
Le vrai gain de Grid n’est pas esthétique. C’est de transformer ton monitoring d’agence de « réactif » (le client appelle) à « proactif » (tu vois avant lui). Une convention de nommage propre, un dossier par client, une alerte Slack, et 10 minutes de routine matinale : c’est tout ce qui sépare le chaos du contrôle sur 100 scénarios.
Et toi, combien de scénarios tournent dans ton compte en ce moment — et combien pourraient être tombés sans que tu le saches encore ?
Active Make Teams pour piloter tes scénarios clients →
Pour aller plus loin une fois Grid en place :